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un échec grave pour la santé publique.
vendredi 8 janvier 2010

La campagne de vaccination contre la grippe A est un échec pour le gouvernement. Un échec d’autant plus grave qu’il touche la santé publique et qu’il devait être le fruit des politiques préventives, mises en place depuis plusieurs années en matières de pandémies mondiales. On allait bien voir ce que l’on allait voir, le gouvernement était fin prêt pour affronter une menace à laquelle on se préparait depuis la crise de la grippe aviaire en Asie.

Ce qui est grave ce n’est pas forcément que le gouvernement a acheté beaucoup trop de doses de vaccins. Incontestablement c’est le cas. Aucun autre pays au monde n’a fait comme nous. Nous avons d’ailleurs eu un réflex d’un égoïsme fou en voulant nous accaparer tout de suite un nombre de doses de vaccins considérable jusqu’à les rendre inaccessibles pour les autres pays.

Ce qui est très grave, en revanche, c’est que sur les 94 millions de doses de vaccins achetées, à peine 5 millions ont été utilisées. Là est le scandale absolu.

Le problème n’est même pas financier il est sanitaire. Le bilan de cette campagne de vaccination est très négatif et laissera des traces. Inciter à la vaccination par l’envoi d’un lettre signée d’un ministre est totalement contraire à toutes les démarches de santé publique. Le message "vaccinez-vous" aurait été bien mieux perçu si il avait été porté par des médecins, et a fortiori les médecins de famille qui connaissent leurs patients en qui nous avons le plus confiance, plutôt que par des membres du gouvernement.

Ce bilan aura des conséquences dommageables pour l’avenir. Alors que la vaccination est un instrument extrêmement important de préservation de la santé publique, alors qu’elle est entrée dans nos habitudes et qu’elle a permis l’éradication de dizaines de maladies autrefois mortelles, cette opération a créer dans l’esprit de millions de français des doutes sur l’utilité des vaccins. Nous n’avons pas encore fini de payer la note de cette opération.

 

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