La révélation par le Canard Enchaîné de l’affaire étrangement surnommée « Penelope Gate » a entrainé des commentaires parfois erronés sur les conditions dans lesquelles sont employés les collaborateurs des parlementaires. La transparence s’impose en la matière et permet d’éviter d’alimenter la tentation anti-parlementariste dangereuse pour la démocratie.

Chaque député dispose d’un montant lui permettant d’embaucher des collaborateurs. Ce crédit s’élève à 9 561 € par mois (montant au 1er juillet 2016) et évolue comme les rémunérations publiques. Cette somme n’est pas versée directement au député, c’est une enveloppe entièrement gérée par les services de l’Assemblée Nationale. Il est possible d’embaucher trois collaborateurs à plein temps, jusqu’à cinq en cas de temps partiel.

Il n’est pas interdit d’embaucher un membre de sa famille, contrairement aux règles appliquées au Parlement européen et d’autres parlements dans le monde. Dans ce cas la rémunération est plafonnée à la moitié de l’enveloppe. Avoir embauché son épouse n’est donc pas ce qui est reproché à François Fillon. Ce qui lui est justement reproché est d’avoir utilisé ce crédit pour rémunérer son épouse en contrepartie… d’aucun travail. C’est ce qu’on appelle un emploi fictif, assimilable à un détournement de fonds publics, un acte d’une particulièrement gravité, à fortiori pour un élu de la République, candidat aux plus hautes fonctions. Un acte évidemment condamnable par la justice. Une certaine Xavière Tiberi en a déjà fait les frais.

François Fillon prétend que son épouse produisait réellement un travail. C’est si facile à démontrer. En une seule journée, mes trois attachés parlementaires – Leïla, Johan et Delphine, qui travaillent à plein temps à Vienne et à Paris – ont adressé une trentaine de mails, ont passé ou reçu autant de coups de téléphone, ont accueilli à ma permanence de Vienne une dizaine de personnes… Il n’y aurait rien de plus facile pour Pénélope Fillon de fournir traces et témoignages du travail fourni auprès de son mari. Les suspicions d’emploi fictif sont donc légitimes et la justice décidera du sort de cette affaire puisqu’elle a décidé de s’en saisir.

Depuis l’affaire Cahuzac, nous avons instauré dans la loi une transparence totale pour mettre à jour les possibles conflits d’intérêts. De même pour le patrimoine et les revenus des parlementaires mais aussi ceux des élus locaux issus des grandes collectivités.

Vous pouvez consulter la déclaration d’intérêt de tous les parlementaires, sur laquelle figure entre autre l’identité de leurs collaborateurs parlementaires, en consultant le site de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique (HATVP). En recherchant « Binet » vous pourrez consulter ma déclaration, et en tapant « Kovacs », celle du maire de Vienne. Tout cela est transparent et désormais public.

Mais au delà de cette affaire, on apprend qu’un possible emploi fictif bénéficiait à la même Pénélope Fillon à la rédaction de la Revue des deux Mondes, détenue par un riche homme d’affaire, Marc Ladreit de Lacharrière, ami des Fillon. Le directeur de la revue à l’époque des faits exprime sa stupéfaction au Canard Enchaîné puisqu’il n’a jamais rencontré Pénélope Fillon. Comme si cela ne suffisait pas on apprend dans le même article que l’homme d’affaire met son jet privé à la disposition de Fillon.

Dans quel monde vivent-ils ? Comment peuvent-ils tout se permettre à ce point ? Comment le candidat à la présidentielle peut-il proposer aux français de se serrer la ceinture ? Comment peut-il faire la leçon aux chômeurs, aux « assistés »… Son programme est la promesse d’une longue punition pour les français. Faisons en sorte qu’il n’ait jamais l’occasion de le mettre en œuvre. Réservons lui cette pénitence.