img_0040 Notre président de Région, également président LR par intérim, s’est singularisé en lançant une pétition refusant la création sur divers sites français de Centres d’Accueil et d’Orientation (CAO) pour héberger les réfugiés aujourd’hui bloqués dans la jungle de Calais. Il propose même « la création de centres internationaux de rétention à proximité de la zone syro-irakienne » c’est à dire des prisons pour ceux qui fuient la guerre et la barbarie… Tout dans l’Histoire de notre région s’oppose à cette posture.

Son collègue Président des Hauts de France, Xavier Bertrand n’a pas manqué de le lui reprocher en dénonçant des propos similaires à ceux du Front National.

Wauquiez montre les muscles et aboie sans rien proposer pour résoudre la question de la jungle de Calais. Sarkozy a fait de même ce matin lorsque sur place il accable le gouvernement ; « vider la jungle pour les envoyer dans toutes les régions, ça sert à quoi ? » en oubliant un peu vite qu’il adoptait une attitude totalement inverse lorsqu’il était ministre de l’intérieur et qu’il faisait face à une première jungle à Calais. C’est d’ailleurs le démantèlement de Sangatte, ordonné par lui en 2009 qui a livré les migrants aux rues et jungles du Calaisis.

Durant ce mandat, nous avons subi, comme toute l’Europe une crise migratoire sans précédent. La seule crise migratoire que la France avait subie sous le précédent quinquennat au lendemain du printemps arabe en 2011 avait amené 60 000 migrants Lampedusa. Depuis, nous faisons face en Europe à l’arrivée de près de 2 millions de migrants.

Nous avons une action très forte au niveau européen, ce que le précédent gouvernement n’avait pas osé alors même que la méditerranée devenait un lieu de passage privilégié depuis la Libye ou la Tunisie. Nous avons ainsi doté Frontex de moyens exceptionnels. L’agence européenne de contrôle des frontières disposait de 20 millions d’Euros il y a 10 ans, son budget est aujourd’hui à 250 millions d’euros (143 millions en 2015). La France est également partie prenante pour la mise en place d’un corps européen de garde frontière et garde-côtes afin de protéger les frontières extérieurs, nous avons également mis en place des hotspot, permettant de distinguer au plus près de nos frontières, les réfugiés qui relèvent du droit d’asile et les migrants pour motifs économiques. Dans le même temps a été mis en place le processus de solidarité européenne en vue de la relocalisation et de la réinstallation des réfugiés arrivés en Grèce dans l’ensemble de l’Union. La France est aujourd’hui le premier contributeur.
Concernant l’asile nous avons voté une large réforme de l’asile afin notamment d’accélérer la procédure. A cette fin, nous avons doté de 400 postes supplémentaires l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides) et L’OFFI (Office français de l’Immigration et de l’Intégration). Nous avons doublé le nombre de places en CADA (centre d’accueil pour les demandeurs d’asile dans l’attente de l’aboutissement de leur demande). Elles étaient 20 000 lorsque nous sommes arrivés aux responsabilités, la droite en a créé 2000 entre 2007 et 2012. Nous en aurons construit dix fois plus, soit 22000 d’ici la fin du quinquennat. On pourrait objecter que le nombre de demandeurs d’asile n’augmentait pas alors, mais il avait pourtant doublé entre 2007 (23 800 premières demandes) et 2011 (52 000 premières demandes) et l’évolution est moindre depuis ; il y a eu 75 000 premières demandes d’asile en 2015.

Nous accueillons actuellement 65 à 80 000 réfugiés en France. Pour mémoire, l’Allemagne en accueil 800 000. Des difficultés persistent actuellement à Calais et à Paris. Sur Paris, l’État a procédé à la mise à l’abri de 16 000 migrants. Sur Calais est mis en place un traitement humanitaire qui évite de concentrer là toute la charge de l’accueil des réfugiés. Nous avons créé sur l’ensemble du territoire des centres accueil et d’orientation (CAO) pour accueillir les demandeurs d’asile présents aujourd’hui à Calais. Nous avons créé 161 CAO accueillant prêt de 6000 migrants provenant de Calais. L’installation de ces CAO se déroulait sans que l’on en entende parler jusqu’à l’appel de Laurent Wauquiez à s’y opposer dans notre région. Et pourtant les 8 millions d’Auvergnats et de Rhône-Alpins ne seraient-ils pas prêts à accueillir les 1700 réfugiés que l’État leur demande d’accueillir ?

Il n’y a aucun avenir dans la jungle pour les réfugiés. La précarité ne peut en aucun cas être une issue. allons continuer à mettre en place autant de place d’hébergement il y a de personnes à mettre à l’abri et nous y parviendrons. L’opération de Calais n’est pas une opération de police, c’est une opération humanitaire à la hauteur de ce que peut faire la France et de ce que doit faire la gauche.