Je suis estomaqué par l’attaque prononcée par François Fillon à l’adresse de la Justice et des magistrats en réaction à sa prochaine mise en examen.

Il rejoint Marine Le Pen dans un combat qui n’est pas digne d’un candidat à la Présidence de la République auquel l’article 5 de la Constitution confie le soin de protéger nos institutions.

François Fillon a employé des mots d’une extrême violence, parlant « d’assassinat politique », d’une « volonté souveraine annulée, annihilée, détruite », d’une « démocratie défiée », d’un « État de droit systématiquement violé »« Ce n’est pas moi seulement qu’on assassine. C’est l’élection présidentielle » a-t-il ajouté sans avoir peur d’en faire un peu trop. Tous les soutiens de François Fillon se sont déployés devant les caméras pour relayer ses attaques contre les magistrats. Bernard Debré (député LR de Paris) parle « d’acharnement disproportionné », Madeleine de Jessey (porte parole de Fillon) ose condamner « un système antidémocratique à bout de souffle ». Ce sont les mêmes qui ont protesté durant cinq ans, et particulièrement lorsque Christiane Taubira était Garde des sceaux, contre le prétendu laxisme des juges. Ce sont les mêmes, qui au lendemain des attentats de Nice voulaient en finir avec l’État de droit.

Le candidat de la droite demande aux français « de résister et de (le) suivre ».

Dans une campagne au cours de laquelle la République n’a jamais été autant menacée par les populismes et les nationalismes, il trouve intelligent d’inviter les Français à défier la Justice et de les embarquer pour son propre compte dans cet acte de « résistance ». Méprisable.

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