dsc_3467  Les Français sont les amis des Américains mais les incertitudes posées par l’élection de Donald Trump exigent de nous la plus grande vigilance, dans notre relation avec les Etats-Unis en premier lieu mais également dans notre rapport à la politique et la démocratie.

En démocratie au final, c’est toujours le peuple qui a le dernier mot. Les louanges d’un peuple « vainqueur des élites » ou d’un peuple enfin « libre » comme le clame Marine Le Pen depuis ce matin, ce ne sont que les mots du populisme. Le peuple est divers, il n’est pas monochrome, mais à la fin il n’est qu’un. Il faut s’incliner avec humilité devant sa décision. C’est notre devoir de démocrates.

Pourtant ce n’est pas une victoire de la démocratie car la démocratie ce n’est pas uniquement le vote, c’est aussi la vérité et la raison. Le candidat nouvellement élu ne s’est embarrassé ni de l’une ni de l’autre. Nous pourrions faire la liste des innombrables mensonges sur lesquels il a bâti sa campagne, à commencer par la remise en cause de la responsabilité des activités humaines dans le réchauffement climatique. De même, il ne fait pas preuve de raison quand il fait croire qu’un mur financé par le Mexique peut lutter contre l’immigration illégale… Les citoyens ont été utilisés comme on manipule une foule. La démocratie ne sort pas victorieuse.

Le vote des électeurs doit être un choix de destin commun, un avenir auquel chacun aspire pour soi même. Force est de constater qu’aux Etats-Unis le casting a remplacé le débat d’idée, que la téléralité a remplacé la recherche d’un avenir commun. Méfions nous car la campagne qui débute à peine pour les présidentielles en France a déjà revêtu ces travers.