J’ai accompagné le Président de la République dans son dernier voyage officiel en Asie du Sud-est ; trois journées et trois visites d’État à Singapour en Malaisie et en Indonésie. Cela faisait 30 ans qu’un chef d’État français ne s’était pas rendu en Indonésie. Jusqu’au bout François Hollande se sera attelé à intensifier les échanges de la France avec cette région du globe au plan économique, culturel, et politique.

Alors que nos échanges avec l’ASEAN ont plus que doublé en 10 ans, ce déplacement a permis de souligner la qualité de l’offre française en matière de coopération maritime, de développement durable, d’innovation ou d’infrastructures. Des dizaines d’accords ont été signés à l’occasion de ces visites. Dans un contexte de protectionnisme, d’isolationnisme voire d’expansionnisme, la France et l’ASEAN partagent la même vision du commerce et de la sécurité. Le Président a également réaffirmé que la France était aux côtés de ses partenaires asiatiques en matière de défense, dans un contexte de montée en puissance de la Chine dans la région.

Parallèlement aux visites et réunions de travail du Président de la République, nous avons pu, au sein de la délégation parlementaire, rencontrer nos homologues députés ou sénateurs des trois pays visités. J’ai pu constater leur extrême inquiétude à la perspective des élections présidentielles en France. Ils en connaissent le moindre détail. Leur appréhension porte évidemment sur la possibilité pour Marine Le Pen d’accéder au pouvoir, laquelle aurait des conséquences dramatiques au niveau mondial, après le Brexit et l’élection de Donald Trump. J’ai été également interpellé par le respect et l’admiration que mes collègues ont pu exprimer à l’égard de la France, pour ce qu’elle représente en terme de valeurs, d’Histoire, de force politique et morale au plan mondial. Ces mots ne sont pas des mots en l’air. On a souvent l’impression lors de ces déplacements que nous sommes les seuls à entretenir une image dépréciée de notre propre pays !

Cette visite était la dernière de François Hollande à l’étranger. Elle a conclu cinq années d’une politique étrangère qui a redoré la place de la France, largement démonétisée lors du précédent quinquennat (on se rappelle des relations ambiguës de N. Sarkozy avec Kadhafi ou Bachar al Assad, de son discours de Dakar humiliant pour l’Afrique, de ses tentations atlantistes, ou son approche approximative des révolutions arabes).

Dès 2012 la France est intervenue contre l’extension de l’emprise des réseaux terroristes au Mali et en Centrafrique. Encore aujourd’hui en Irak et en Syrie, nos militaires sont partie prenante des coalitions internationales qui combattent Daesh. Chaque jour en moyenne 30 000 militaires interviennent pour la France hors de Métropole dont 6500 en OPEX (Opérations extérieures). Plus de 3000 sont engagés dans la bande sahélo-saharienne.

La politique étrangère de la France c’est aussi le commerce extérieur. Là encore les affaires vont beaucoup mieux qu’elles ne l’étaient auparavant. Elles contribuent au redressement économique de notre pays et, lorsqu’il s’agit de matériel de défense, à conforter notre souveraineté. 84 rafales ont été vendus par la France à l’étranger depuis 2012. De son côté Airbus est à la tête d’un carnet de commande de plus de 1000 milliards d’euros ce qui représente 8 à 10 ans d’activité. Au delà, les efforts du Gouvernement en faveur des PME et de la compétitivité des entreprises ont donné des résultats tangibles : 8000 nouvelles entreprises se sont lancées à l’export et la part de marché mondiale de la France a progressé.

La France n’a pas à avoir peur du monde. Nous sommes un petit pays mais nous sommes une grande Nation. Peu de pays dans le monde disposent comme la France d’une économie autant tournée vers l’international, d’une armée capable d’agir pour maintenir la paix dans le monde, d’un réseau diplomatique aussi développé, de la reconnaissance par le monde des valeurs qu’elle porte, d’un rayonnement culturel et d’une force politique sur la scène international. A l’étranger, la France est sur bien des sujets un modèle.

De nombreux candidats à l’élection présidentielle nous proposent une France repliée sur elle-même, tentée par l’isolement, une France assise, terrifiée par son ombre, spectatrice du monde. Je continuerai pour ce qui me concerne à me battre pour une France debout, fière d’elle même, consciente de sa place dans le monde et combattante.

Catherine Deneuve accompagnait la délégation dans le cadre de la signature d’accords de coopération culturelle, notamment dans le domaine du cinéma, entre la France et l’Indonésie (avec Bariza Khiari, sénatrice de Paris et Luc Belot, député du Maine et Loire)

 

Dans le cadre de la journée de la francophonie au milieu d’un millier d’étudiants Malaisiens francophones.

 

Rencontre avec nos homologues malaisiens au Parlement à Kuala Lumpur