« Et alors ?! » c’est par cette expression pour le moins laconique que François Fillon a réagi alors qu’on l’interrogeait sur les cadeaux qu’il a reçus sous forme de costumes pour une valeur de 48 500 euros depuis 2012. Des cadeaux acquittés pour 35 500 euros en liquide, semble-t-il, par des « amis » et un généreux donateur ayant fait un chèque de 13 000 euros. Des cadeaux auxquels a forcément consenti le candidat LR à l’élection présidentielle puisqu’il s’agit de costumes « sur mesure ».

Premièrement, je m’indigne comme d’autres de l’attitude nonchalante de M. Fillon qui ne perçoit pas, une fois de plus, le problème que posent ces somptueux cadeaux venus de donateurs anonymes. Cela démontre une fois de plus, à quel point il semble déconnecté de la réalité vécue par les Français.

Deuxièmement, pour rappel, un parlementaire doit déclarer au déontologue de l’Assemblée Nationale tout don perçu dans le cadre de son mandat ayant une valeur qu’il estime supérieure à 150 euros. Une déclaration qui n’a donc pas été faite par M. Fillon, lequel argue que ces cadeaux, pourtant étrennés lors de ses visites officielles, n’ont pas de lien avec son mandat… Soit dit en passant et s’il était nécessaire de le préciser, on ne m’a jamais proposé de tels cadeaux durant mon mandat. Ce n’est absolument pas l’usage et je regrette que cette affaire jette un peu plus l’opprobre sur l’ensemble de la classe politique, en particulier les parlementaires.

C’est ce qui m’amène à mon troisième point : on peut légitimement s’interroger sur les retours attendus par les initiateurs de ces dons non-déclarés. Un cadeau d’un tel montant à un élu qui n’a pas les moyens de se les offrir présume un délit de corruption… Les généreux mécènes de Fillon doivent révéler leur identité pour lever ce doute.

Après l’affaire sur l’emploi fictif de son épouse, l’abject tweet antisémite des Républicains à l’encontre de M. Macron ce week-end et cette nouvelle polémique, on en viendrait presque à oublier le terrible programme d’austérité de M. Fillon. Un programme dans lequel il impose, entre autres, la suppression démente de 500 000 fonctionnaires, la fin des 35 heures, la retraite à 65 ans pour tous, la TVA à 22 %, la suppression de l’ISF, la fin de notre modèle social… Et alors ?!